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mars 2017 Léo Lagrange

“ Antiportraits ”

Centre pénitentiaire sud francilien - Réau - Île-de-France

​Marion Lachaise, sculptrice, photographe et vidéaste propose à des femmes détenues d’entrer en création collective pendant un an en travaillant sur la représentation de soi, enjeu particulièrement sensible en détention.

Ce projet est le 3e volet d’un tryptique qui développe un processus de transfiguration, l’ « antiportrait » où elle associe une sculpture et un entretien vidéo réalisés par les participantes.
Tout au long de l’année, les participantes vont ainsi s’engager dans des ateliers de création propices à la libération des gestes et de la parole : techniques du modelage et du volume, prises de vue vidéo, entretiens, photographies, installations performatives.
Le point de départ est la création de sculptures en terre glaise pour favoriser la spontanéité du geste, puis en carton découpé pour amorcer une réflexion sur l’espace. Les œuvres de Rodin, Camille Claudel ou Alberto Giacometti serviront d’exemple pour le modelage de la terre glaise. Ces volumes seront les ossatures des antiportraits.
Ensuite, elles participeront à des entretiens vidéo en suivant ce parti pris : le lieu « d’où je parle » et « comment je le perçois » est une définition de moi en cet instant. Ainsi les participantes s’exprimeront sur les thématiques du jour, de la nuit, de la lumière, du bruit, de la violence, de la solitude, de l’amitié, de la féminité… Une proposition autour de – qu’est-ce qu’être une femme en détention ? – sera élaborée par l’artiste au cours des ateliers pour recueillir (ou pas) une réaction spontanée sur ce sujet. Les premiers entretiens sont individuels avec l’artiste.
En parallèle, Marion Lachaise photographiera les cellules individuelles en se laissant guider par chaque participante : ses endroits favoris, l’importance des couleurs, des souvenirs,… Ces micro-univers seront recomposés en fonction d’un échange entre les femmes et l’artiste : des détails seront mis en avant, les sculptures intégrées à la pièce, des éléments effacés. C’est une reconstitution à la fois réaliste et imaginaire qui est recherchée.
Enfin, elles agiront sur le dispositif d’apparition des antiportraits au moment de la projection vidéo sur la sculpture. Les femmes choisiront les parties du visage qui seront projetées et pourront valider le résultat. Une première série sera réalisée avec les sculptures en terre glaise, une deuxième avec les sculptures en carton découpé. Les deux séries seront associées.
Les antiportraits vidéo et les photographies seront mis en scène dans l’édition d’un livre en relief ou pop-up et sur un site internet. Les étapes de la conception du livre feront l’objet d’ateliers en détention.

Une exposition itinérante prendra place dans la salle d’exposition du Centre Pénitentiaire en novembre 2017 et  sera présentée par les détenues.

Une dizaine de détenues du centre pénitentiaire de Réau.

De janvier 2017 à février 2018.