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juin 2016 Freshly Roasted

“ Insufficient Data ”

Paris - Île-de-France

Projet de création théatrale, Insufficient Data a été mené avec 12 femmes accueillies dans un foyer spécialisé dans la mise à l’abri et l’accompagnement des victimes de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle.A partir de la nécessité des femmes de raconter leur histoire aux autorités concernées ainsi qu’aux services administratifs, les artistes Maryse Boiteau et Giada Mangiameli ont proposé de défaire la linéarité d’un récit de soi. Les questionnements abordés ont porté sur la féminité, la voix et la migration par le biais de matériaux issus de plusieurs horizons artistiques. La création est composée de fragments de textes, de chants et de chorégraphies, faisant résonner les différentes voix des femmes.

Ce travail a permis de raconter des émotions, des sentiments, des instants afin de permettre  à chacune de trouver sa force expressive et s’approprier ses expériences, mémoires et désirs pour mettre en scène des fragments autobiographiques. Ainsi, l’effort d’adaptation des femmes résidant au foyer, en transit entre une vie dont elles veulent se soustraire et un nouveau départ, est aussi un travail continu de déchiffrement de la nouvelle réalité. Les femmes résidant au foyer fournissent un effort constant d’adaptation, en transit entre une vie dont elles veulent se soustraire et un nouveau départ. Ainsi, ce travail leur permet d’entrer dans une autre compréhension du réel en leur fournissant des outils pour pouvoir intégrer et faire résonner leurs langues et leurs prosodies personnelles dans une pièce riche de leurs individualités.

Dès la première rencontre, des jeux d’improvisation ont permis d’expérimenter des formes afin de se raconter. Grâce à la voix chantée, on a pu créer des “polyphonies de discours”, les voix se superposent sans qu’aucune ne disparaisse. Cette polyphonie a été peu à peu enrichie par la danse sous forme de transformation de gestes du quotidien en formes chorégraphiées. La danse a permis un travail de distanciation, puis de réappropriation du corps. Trouver son espace dans une chorégraphie commune a participé à l’émergence d’une dynamique de partage et de collaboration au sein du groupe.  Le jeu a libéré le récit pour mêler imaginaire et mémoire. La fluidité du langage chanté a exprimé les “forces cachées”, qui se dessinent dans les voix et révèlent leur ampleur. La voix chantée comme un langage premier, avant qu’il soit chargé de sens.

Grâce à un partenariat avec l’organisme Cultures du Cœur, un parcours de découverte théâtrale a été proposé aux participantes pour les accompagner dans la création.

Une représentation finale a eu lieu le 16/08/2016 au théâtre Darius Milhaud (Paris 19è), en présence de spectateurs invités par l’équipe et les intervenantes. Elle a été suivie d’un moment de convivialité, puis de la projection de la vidéo de la pièce au mois de septembre au sein du foyer.

De mars 2016 à août 2016

Avec un groupe de femmes victimes de traite des êtres humains